A l’heure où les produits high-tech dernier cri deviennent des objets de convoitise dès le plus jeune âge, la ville de Milan tire la sonnette d’alarme : une enquête de la mairie vient en effet de révéler l’existence d’une microprostitution dans les collèges et lycées !!
Le deal est on ne peut plus simple, choquant et inquiétant : en échange du dernier iPod, de téléphones portables ou encore de vêtements griffés, des adolescentes de 13 à 17 ans acceptent de donner leur corps …
Fellation, sexe à deux ou en groupe, ces jeunes « baby-escorts » – comme les surnomment la presse italienne – proposent les mêmes services que les vraies pros. Leur organisation le prouve : via le web ou les mobiles, des books virtuels circulent. Nom, prénom, âge, prestations des adolescentes, tout y figure.
Les garçons intéressés n’ont plus qu’à envoyer un sms à la baby-escort retenue afin de décider d’un lieu de rendez-vous. Le plus souvent, ces ébats ont même tout simplement lieu dans les toilettes des collèges et lycées !
S’agit-il de cas isolés ou d’un phénomène qui gagne en ampleur ?
Malheureusement, rien de marginal ici. Douze témoignages d’ados n’ayant absolument aucun lien entre eux (école, amis) se rejoignent. Une jeune fille de 14 ans, Virginia, affirme même que certains professeurs sont au courant mais se taisent de peur que la réputation de leur école en prenne un coup …
Alors, matérialisme exacerbé ou ennui profond ? Autodestruction ou appel à l’aide ? Pour Alberto Caputo, psychiatre sexologue, le marchandage n’est qu’un prétexte : « c’est une sexualité basée sur l’exhibition, l’utilisation mécanique du corps […]. La jeune fille a l’impression d’être dans le contrôle. En vendant son corps, elle se dit qu’elle utilise les autres puisqu’elle fixe les règles ».
Drogues douces ou dures et alcool qui se banalisent chez nos teenagers (en témoigne l’actuelle campagne du gouvernement sur la dangerosité des drogues), désacralisation du sexe et autres pressions sociales : dur dur d’être une ado de nos jours … Cette étape de ma vie ne m’avait pas semblé parsemée de telles embûches à mon époque, dans les années 90.
Pourquoi alors toutes ces épreuves pour nos adolescents ? La faute à notre société moderne matérialiste et consumériste ? C’est certain mais cela risque de ne pas changer.
Restent les valeurs inculquées par la famille et l’éducation. Là aussi, ce n’est pas gagné … Mais cela vaut la peine d’essayer, non ?
Caro.






