Ulice, Caro & Co …

Chroniques, bons plans et galères … de filles !

Littoral caribéen en danger ! 18 août 2008

Classé dans : Coups de gueule !! — Ulice, Caro & Co ... @ 9:21
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C’est l’histoire d’un bout de péninsule gorgé de soleil et bordé par la mer des Caraïbes. Nous sommes au milieu des années 60 et l’endroit est encore tranquille.

Les plages, quoique peu larges, y sont d’une blancheur étincelante et léchées par une mer turquoise idyllique.

Au nord de cet isthme paradisiaque, étranglé entre une lagune et une mer tropicale, se trouve un village de pêcheur, Puerto Juárez. Aucune installation hôtelière à l’horizon et quelques rares touristes.

Car à l’époque, Acapulco est the place to be. Seulement voilà, les touristes – principalement américains – y débarquent en masse et la fameuse station balnéaire du Pacifique commence à être saturée. Il faut trouver le moyen de la désengorger.

Pourquoi, alors, ne pas créer de toute pièce une ville pour les touristes ? Une ville sur-mesure où nos amis américains se sentiraient comme chez eux. Une ville mexicaine au décor paradisiaque et où le soleil brillerait en permanence !

Cela ne vous rappelle pas notre petit isthme ?!! 

Et bien si, et la construction de ce « paradis artificiel » débute dès 1969. Il va sans dire que la corruption va bon train quant à l’affectation des terrains.

Imaginez : 20 Kms de côte caribéenne à saisir, chaque année des milliers de touristes et une manne budgétaire incroyable en perspective ! Tout le monde veut sa part du gâteau !!

Et l’on en voit le résultat aujourd’hui : exit les palmiers. Les hôtels les ont remplacés. Et quels hôtels ?!! Ce bout  de littoral totalement bétonné n’est maintenant plus qu’une agression pour les yeux. Les hôtels de Cancun, massifs et collés les uns aux autres, font en effet figure de blockhaus échoués sur la plage.

Aucune cohérence architecturale donc, ni de plan d’urbanisme. La ligne d’horizon a cédé la place à notre fameuse rangée d’hôtels.

Il faut d’ailleurs traverser le hall d’un des hôtels pour accéder à l’espace trempette ! Le touriste occidental passera sans problème alors que cela peut s’avérer plus compliqué pour un mexicain lambda. Car, au même titre qu’une boîte de nuit branchée, une sélection a lieu à l’entrée … Belle mentalité me direz-vous, alors qu’il s’agit de plages on ne peut plus publiques !

Vous l’aurez compris, la « zone hôtelière » de Cancun n’a pas été pensée et encore moins conçue pour s’inscrire en harmonie avec la nature environnante et je ne suis pas sure que la notion d’écotourisme soit arrivée jusqu’aux oreilles des promoteurs immobiliers !

Et pourtant, les touristes abondent ! Ils sont des milliers à atterrir chaque semaine à l’aéroport international de Cancun. A peine débarqués, direction la zone hôtelière. La plupart y resteront durant la totalité de leur séjour, sans même chercher à explorer le reste de la péninsule du Yucatan.

Ces touristes américains – car il s’agit bien d’eux – ne viennent ici que pour se poser dans ces hôtels pompeux et sans classe afin d’y dépenser leurs dollars, le tout, bien entendu, sans le moindre effort pour parler espagnol ou s’intéresser à la culture locale !!

Mais, en même temps, force est de constater que tout est fait pour : restaurants, fast-foods, bars, boîtes de nuit, supermarchés, Planet Hollywood, enseignes géantes et lumineuses …, on se croirait à Disneyland ! Alors forcément, ici, pas de réel dépaysement possible. Le choix appartient cependant au touriste de se laisser engloutir par ce système ou pas …

Ce qui s’avère problématique car cette destination est aujourd’hui tellement courue qu’il devient également nécessaire de la désengorger. Alors Cancun fait des petits, comme Playa del Carmen, plus au sud. Et les promoteurs immobiliers sont loin d’en rester là …

Heureusement quelques villages d’irréductibles résistent à l’envahisseur mais je me garderai bien de vous nommer ces havres de paix, ils sont trop précieux.

Caro.

 

Le miracle des Jeux 16 août 2008

Oubliée la censure des medias par les autorités chinoises. Oubliée la répression des dissidents. Oublié le sort des tibétains. Place aux Jeux, à la fête et aux nobles valeurs du monde sportif …

Cela ne vous semble-t-il pas un bon résumé de ce que nous vivons depuis l’ouverture, vendredi dernier, des Jeux Olympiques de Pékin ? Les polémiques qui faisaient rage depuis des mois autour de ces JO semblent effectivement s’être tues comme par enchantement.  

Pourtant, jusqu’à la veille de l’inauguration, les incidents n’ont cessé de se multiplier, comme par exemple cette attaque virale contre le site de Reporters sans frontières. L’association voulait que le jour de la cérémonie d’ouverture soit marqué par une cybermanifestation mais une attaque de hackers l’en a empêchée. Au passage, on se demande d’où peut bien provenir cette attaque …

Les pro-Chinois diront que la Chine a fait un pas en avant en levant la censure sur plusieurs sites Internet, dont ceux d’Amnesty International et de Reporters sans frontières. Certes. Mais beaucoup d’autres sites – moins médiatisés – restent bloqués comme la BBC en chinois et les sites de dissidents et de pro-Tibétains.

A noter également cet événement passé inaperçu : l’interruption de la diffusion vers l’Asie – et notamment la Chine – de New Tang Dynasty Television (NTDTV), chaîne de télévision du groupe Eutelsat Communications. NTDTV était connue comme la seule chaîne en langue chinoise non censurée. Si l’on en croit les informations délivrées par RSF, cette interruption visait à « garantir des accord commerciaux [à la Direction d’Eutelsat] avec le Parti communiste chinois ». La pétition de 250 parlementaires français et européens n’y aura rien changé. Une censure parmi tant d’autres …

Et ce ne sont pas les mots du Président chinois qui nous rassureront : Hu Jintao a en effet appeler « la presse étrangère [à se conformer] aux lois et règlements chinois » et à une couverture « objective » de ce qui se passe en Chine. Par « couverture objective » doit-on comprendre conforme à la ligne du parti chinois ?

Alors bien évidemment, toute contestation et vision critique de la situation en Chine n’ont pas disparu. Certains de nos journaux et sites Internet continuent à nous abreuver d’informations … subjectives. Mais au 20h ou à la Une de nos quotidiens, les Jeux et la ferveur qu’ils suscitent ont repris le dessus.

Pourtant … Les atteintes à la liberté d’expression et à la liberté de la presse sont toujours légion en Chine : journalistes interdits d’entrée dans des zones sensibles (2 journalistes de l’AFP n’ont pu approcher un village du Xinjiang où une mosquée avait été rasée par les autorités en mai), intellectuels condamnés à la rééducation par le travail (un professeur a été « reconnu coupable d’avoir diffusé des clichés d’écoles de la zone sinistrée par le tremblement de terre dans le Sichuan») ou encore espionnage à grande échelle (« espionnage officiel visant les hôtels tenus ou fréquentés par des étrangers »). La liste est longue.

Comme certains d’entre nous ont pu être naïfs en croyant que, sous prétexte  d’accueillir les JO, la Chine allait adopter un tournant résolument démocratique et céder à la pseudo pression occidentale pour l’amélioration des Droits de l’Homme !

La magie soi-disant fédératrice du sport n’a pas ce pouvoir là …  

Caro.