L’info ne vous aura peut-être pas échappée puisqu’elle fait grand bruit ces derniers temps : en 50 ans, le nombre moyen des spermatozoïdes de l’homme a chuté de 50% !
ARTE – avec son reportage « Mâles en péril » -, Challenges, A Nous Paris, le Elle, …, tous ont récemment relayé le problème de fertilité des hommes.
Et bien leur en a pris car il s’agit d’un sujet sensible, tabou presque, dont on ne parle qu’à demi-mot et qui, de ce fait, avait grand besoin d’être mis sur la place publique.
Mais, venons-en aux faits et à la question qui nous importe : qu’est-ce qui provoque cette baisse de la fertilité chez nos amis les hommes ?
On s’en serait douté : la faute revient à la présence de molécules chimiques, principalement le phtalate, qui perturbent le système endocrinien (pour rappel : les glandes qui produisent les hormones) agissant ainsi comme des polluants qui déstabilisent les hormones.
Le problème est que l’on trouve ces molécules un peu partout dans notre vie de tous les jours : cosmétiques, plastiques, emballages alimentaires, pesticides, …, la liste est longue.
Comme l’explique le Pr. René Habert, de l’Université Denis Diderot, les scientifiques ont « découvert que les phtalates, des composés biodégradables présents dans des plastiques dits souples, étaient délétères pour la mise en place du potentiel reproducteur masculin de l’espèce humaine ».
Et d’ajouter que « ces anomalies de la reproduction masculine résulteraient d’une altération du développement des testicules pendant la vie fœtale et néonatale ».
En clair, la contamination chimique intervient durant la grossesse, dès lors que le petit garçon grandit dans le ventre de sa mère.
Mais alors, que faire me demanderez-vous ?
A notre niveau de simple citoyen, nous ne pouvons que nous renseigner sur la composition détaillée de nos crèmes de soins ou encore sur celles des tétines de biberons et autres jouets achetés pour nos tendres marmots.

Quelques conseils sont également disponibles ici et là pour nous, les femmes. Et c’est même la secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet, très attachée à ce problème, qui les prodiguent : « quand on est enceinte, il est recommandé d’utiliser des cosmétiques bio, de ne pas se teindre les cheveux ni mettre de vernis à ongles, et de se tenir éloignée des détergents. Et d’éviter, par la suite, les cosmétiques pour les bébés ».
Car, fort heureusement pour nous, les politiques se penchent de + en + sur le sujet ?
Concrètement, quelles actions ont été entreprises ?
Citons tout d’abord celle du Ministère de l’Ecologie et celui de la Santé qui ont choisi de lancer une campagne de prévention à destination des femmes enceintes et des enfants.
Les mamans ont maintenant accès à une liste des produits comportant des risques, la dite liste étant insérée dans leur carnet de maternité. Un logo « Non recommandé aux femmes enceintes » a même été apposé sur certains produits.
Une 1ère en France !
Une nouvelle directive européenne, la directive Reach, a par ailleurs été récemment mise en place. Elle a pour but d’imposer aux industriels de prouver l’innocuité de leurs produits, ce qui là encore n’est pas une mince affaire !
Cette directive sonne donc comme une note d’espoir mais encore faut-il qu’elle soit correctement appliquée. Car je doute fort que nos amis les industriels et leurs lobbies ne cherchent une parade à cette nouvelle contrainte européenne …
Qui de l’argent ou de la santé aura le dessus ? L’avenir des spermatozoïdes, lui, est en jeu !
Caro.